Vendredi 13 (8), Jason se barre de Crystal Lake et décide de voir du pays.
Alors que Vendredi 13 : Un nouveau défi enlisait encore un peu plus la saga dans la médiocrité, Jason Voorhees tente un exode vers New York. Il aura fallu 19 ans ( dans la timeline des long métrages ) pour qu'il se décide enfin à migrer dans une grande ville, histoire de voir les choses en grand. Le tueur veut agrandir son terrain de jeux et en a marre des campeurs de Crystal Lake. L’aventure Vendredi 13 compte donc 7 films à son actif et l’expérience est comment dire, …plus ou moins réussie. Même si la Paramount décrochera après cet opus, Vendredi 13 ne compte pas s’arrêter là.

Réalisation : Rob Hedden
Avec : Kane Hodder, Jensen Daggett, Scott Reeves,...
Nationalité : USA
Genre : Horreur, Slasher
Année de production : 1989
Titre original : Friday the 13th Part VIII : Jason Takes Manhattan
Le pitch : Jason repose dans les eaux de Crystal Lake, mais deux adolescents, en jetant l'ancre de leur bateau, heurtent un câble électrique qui le ramène à la vie. Le carnage peut alors reprendre de plus belle... jusqu'à New York !
Malgré les nombreux échecs de la franchise, des recettes et budgets en baissent, la fanbase de la saga est toujours au beau fixe. Le petit hic, c'est que Vendredi 13 se répète encore et encore sans toutefois réussir à se renouveler complètement et les spectateurs connaissent bien la rengaine :
Ces nouvelles aventures à New York, enfin en partie là-bas pour des raisons budgétaires ne sortent pas des sentiers battus. Si Vendredi 13 n’est plus vraiment une affaire qui roule, la Paramount persiste pour un ultime chapitre et emploie Rob Hedden afin de faire revenir son tueur culte. La popularité grandissante du tueur d’Elm Street (Freddy) motivant fortement la sortie de ce nouvel opus afin de « tenter » de faire le poids face à Freddy.
Mais le changement de décor saura t’il satisfaire à nouveau les fans et redonner du punch à Jason Voorhees ?
Sur le principe, Vendredi 13 Chapitre 8 : L’ultime retour se profile comme un opus marquant l’apothéose de Jason Voorhees. Mais la réalité est tout autre !
Rob Hedden, scénariste sur quelques épisodes de la série TV Vendredi 13, scénarise et réalise ce 8ème opus. Il émet alors l’idée d’un changement de décor pour les meurtres de notre Jason national. Avec l’aval de Frank Mancuso JR., il décide de faire déménager Jason et ses meurtres à New York. Une grande ville pour des meurtres en grandes pompes, histoire de séduire toujours plus de spectateurs. Mais hors de question de tourner l’intégralité du métrage à New York pour des raisons budgétaires. L’intrigue se déroule alors, en partie, sur un …. BATEAU !!! Et pour ne pas déroger à la règle, le projet est lancé sous un nom de code d’après un titre de David Bowie « Ashes to Ashes ».
Et si le Titanic n’avait pas croisé un iceberg mais Jason.
Non ce n’est pas une blague, non seulement Jason se casse à New York mais il prend aussi le bateau. On arrête plus nos scénaristes, décidément. Si le réalisateur a des grandes ambitions sur le papier, il se plie volontier aux petit budget et installe notre gentille bande sur une croisière pour lycéens. Ce 8ème film sera donc cruellement fauché et limité sur le plan scénaristique. Et si la présence de Jason sur un bateau vous surprend, attendez de le voir dans l’espace, oui l’ESPACE.
Jason c’est un peu la Martine des slashers, on le suit dans ses petites aventures/meurtres : Jason va dans l’eau, dans le métro, dans un restaurant, dans la ville, dans les égouts, …Enfin plus rien de l’arrête à présent.
Jason ne meurt JAMAIS !
Seulement voilà, pour ceux qui ont la mémoire courte, Jason est ENCORE mort dans le volet précédent, Vendredi 13 : Un nouveau défi. Tina, l’avait en effet mis K.O lors d’un combat final titanesque. A présent, Jason semble habitué au petites siestes au fond du lac. Mais rien de tel qu’un couple fricotant sur un bateau au-dessus de lui pour lui donner des envies de meurtres. Il attendait sagement qu’on le réanime à coup d’électrocution, voilà tout.
Cette fois-ci, pas d’orages, de résurrection fantastique mais une électrocution sous l’eau. Ça sent tout de même le réchauffé ! Dans Jason le mort-vivant, Tommy réanimait accidentellement Jason par une barre en fer planté dans son torse ainsi frappée par la foudre. Cet homme est plein de ressources. Vendredi 13 n’a décidément pas peur du ridicule avec des résurrections de plus en plus absurdes. Et ce gentil couple qui naviguait sur les eaux de Crystal Lake et qui comptait passer la nuit à s’envoyer en l’air ne fera pas long feu.
Ci-dessus une compilation des 3 résurrections de Jason faite par mes soins.
C’est parti pour un long métrage avec son lot de raccourcis scénaristiques sans queue ni tête, enfin si Rob Hedden ni met pas du sien aussi. Parce que ce qui est bien avec Vendredi 13, c’est que si Jason perd son masque de Hockey. Il pourra toujours compter sur ses victimes pour en avoir un de rechange, la vie fait bien les choses non ?

Souvenez-vous, Tina avait fait péter le masque de Jason dans l’opus précédent, assonant de clous le visage de ce dernier.

Et hop, un petit clin d’œil au 3ème opus au passage. Un petit coup de harpon accompagné du masque de Hockey.
Nous sortir le même masque, à la marque de hache près approche de la crédibilité 0.
Enfin, les spectateurs ne sont pas dupes. Ils commencent à remettre en cause la cohérence des différents opus et de la timeline. Même pour un opus de la saga des Vendredi 13, certains éléments sont gros, pour ne pas dire ridiculement improbables.
Comme par exemple : Comment le bateau de croisière aurait-il pu aller jusqu’à New York en partant de Crystal Lake ? Mais pour Rob Hedden, c’est une incohérence comme une autre et il décide de passer outre. Ou encore : Comment Jason a-t-il pu aller jusqu’à New York ? Jason n’est-il pas censé avoir la phobie de l’eau ? Et ne s’est-il pas noyé lorsqu’il était enfant ? Mais pour nager jusqu’à New York pas de soucis. Rob Hedden est conscient de l’incohérence totale mais décide de laisser la question ouverte pour les spectateurs. Bien sûr, c’est beaucoup plus simple comme ça.
Comme Vendredi 13 n’est plus en mesure de nous présenter une suite logique entre les opus, il abandonne tout simplement. Rob Hedden se creuse les méninges afin de nous sortir un lien complètement tarabiscoté entre la nouvelle final girl et Jason. Cette nouvelle figure féminine est une jeune fille discrète et quelconque, Rennie. C’est sans aucune surprise qu’on apprend qu’elle possède un lien spécial avec Jason : Sous coup de flashback ultra kitch, Rennie se remémore un événement marquant de son enfance, à l’origine de sa phobie pour l’eau. Alors qu’elle naviguait dans les eaux troubles de Crystal Lake, son oncle a tout simplement eu la grande idée de la jeter à l’eau pour quelle apprenne à nager. Et c’est alors qu’elle croise le chemin de Jason enfant qui tente de la tuer.
Non, mais what ? Il n’y a plus de respect, vraiment plus.
Et qui revoilà, Kane Hodder qui reprend du service dans ce 8ème film pour effrayer les passagers de la petite croisière. Là encore, il a eu le temps de moisir un peu plus dans les eaux du lac. Il n’a toujours pas perdu sa carrure impressionnante mais semble imprégné de vase cette fois-ci. A peine Jason est-il réanimé par l’électricité, qu’il grimpe sur un bateaux rempli d’étudiants prêts à fêter leurs diplômes. Pour ce qui est de la fine équipe, comme toujours, la final girl est accompagnée de son lot de personnages stéréotypés : Le gentil boyfriend, la rockeuse, le geek, la reine du bal et la fille timide.
Jason le mort-vivant, le 6ème opus donnait une vision plus comico/fantastique de la franchise. Et Vendredi 13 Chapitre 8 : L’ultime retour prend le même chemin.
Jason fait preuve d'ingéniosité pour ses meurtres qui rythment le film! S'il emploi le fameux harpon dans les premiers instants du long métrage, les prochains meurtres seront quand à eux d’une grande créativité. Tantôt il utilise une guitare rose bonbon, une pierre chaude de sauna, le tout saupoudré d'une touche 80's. Vendredi 13 chapitre 8 : L'ultime retour va même jusqu’à installer un match de boxe entre Julius et Jason. Kane Hodder et Vincent Craig Dupree se sont vraiment battus lors de cette scène qui devait à l'origine prendre place au Madison square garden. Le résultat final est totalement ridicule et pour ne pas remonter le niveau, les dialogues qui l'accompagne eux aussi. Comme par exemple, l'instant ou Julius crie à Jason « Give your best shot ». Comme s’il avait une chance face à ce monstre d’outre-tombe.
Et Jason ?
Bien il décapite Julius par un coup de poing.
Le slasher s’encre encore plus dans le fantastique sans toutefois créer un mythe ou un pouvoir surnaturel autour de Jason. Mais ce ton donné l’éloigne un peu plus du slasher traditionnel. Par le fantastique, il explore une autre facette de Jason. Celle de son enfance et surtout de sa phobie de l’eau, allant même jusqu’à ramener la version originale de Jason : Un enfant faible, effrayé et sans défenses. Toujours dans le genre du fantastique, il garde aussi celui du comique pour l’accentuer un peu plus. Encore une fois à la manière de son ennemi de toujours, Freddy Krueger. Ils ont tout de même osé mettre Jason face à une pub pour un match de Hockey ou encore une décapitation à mains nue. Le gore et le fantastique sont donc toujours de mise. Mais il reste encore à passer l’épreuve de la MPAA. Comme souvent, le passage par la censure n’est pas de tout repos pour les films d’épouvante.

La MPAA allant jusqu’à interdire la sortie de l’affiche du film représentant Jason poignardant le slogan "I love New York".
Ils vont un peu loin là non.
Il n'en fallait pas plus pour lancer la controverse. La petite histoire faisant le sujet des journaux télévisés de l'époque.
Dommage, j’adore cette affiche.
Cet opus fait les choses en grand en tournant une scène à Time Square. Mais malgré la bonne volonté de ce long métrage et de ses acteurs, ce volet est un nanar et pour l’apprécier il faut le considérer en tant que tel et pas autrement.
Vendredi 13 : L'ultime retour tente de se mettre au diapason du genre instauré par la saga de Wes Craven, Les griffes de la nuit, qui prend un ton totalement ironique, fou et décalé. Le tout avec du gore et des meurtres tout droit sortis d’un comics. Mais Vendredi 13 Chapitre 8 : L’ultime retour est peut-être bien le retour de trop. Le film ne rapporte rien et la saga s’enfonce encore un peu plus dans l’échec. Frank Mancuso, représentant de la Paramount et producteur de la franchise depuis ces débuts en passant par la série TV du même nom, décide d’abandonner Vendredi 13. En effet, passé les échecs commerciaux des derniers films, Vendredi 13 ne fait pas non plus bonne presse et Frank Mancuso veut s’en détacher. La Paramount se résigne et met un terme aux Vendredi 13, du moins, sous sa production.
Toutes les bonnes choses ont une fin et Vendredi 13 aurait mieux fait de s’arrêter sur cet énième échec commercial.
Mais si la Paramount a fini par comprendre qu'il fallait laisser Jason reposer en paix, ce n'est pas le cas de Sean S. Cunningham, réalisateur du premier opus.
A partir du 9 ème volet , la franchise n'est plus produite par la Paramount mais par Sean S. Cunningham et la New Line. Malheureusement, le retour du papa de la saga aux commandes n'augure rien de bon. Mais ça c'est une autre histoire, ...
Au final, Vendredi 13 : L'ultime retour marque encore plus le déclin de la franchise vers le côté obscur. Cependant, Jason ne semble pas lâché l’affaire. Il se veut encore plus fantastique et encore plus second degré que ses précurseurs mais tombe légèrement voir beaucoup dans le nanar. Pour apprécier ce long métrage, il faut le voir comme un nanar pas prise de tête parce qu’il n’est rien de plus. Les stéréotypes, facilités scénaristiques et ressorts se répètent à l’infini, Vendredi 13 tourne en rond. C’est un peu le jour sans fin des slashers ou Jason n’arriverait jamais à mourir.
Bilan final, cet opus est has-been au possible. Difficile de prendre au sérieux un long métrage comme Vendredi 13 Chapitre 8 : L’ultime retour. Finalement, cet opus n’est qu’une bonne grosse blague, enfin bonne je ne sais pas vraiment.

Vu en FR - Blu Ray
Il n'existe pas de Blu Ray en version française, seuls les trois premiers opus ont été édités en France.
Ma Note :
