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Série TV - The Haunting Of Hill House

Série TV - The Haunting Of Hill House

The Haunting Of The Hill House, rendez-vous avec la peur.

Attention, énorme coup de cœur en vue.

Lorsque j’ai vu que The Haunting Of Hill House était disponible sur Netflix, je ne m’attendais pas à grand-chose.

J’avais vu Hantise (1999), la deuxième adaptation du livre de Shirley Jackson, dont est aussi inspiré la série et ce n’était pas bien folichon. Cette adaptation de la fin des années 90 tombait de plein pieds dans les clichés ridicules des maisons hantées. Et ce, sans même me décrocher un frisson mais plutôt un sourire moqueur, bon tout de même moins que dans Scary movie 2 (qui s’inspire du film).

 

 

 

 

 

 

Bref, je me disais que cette nouvelle série allait être divertissante mais sans plus.

Eh bien, je ne me suis pas mal fourvoyée sur ce point-là.

Bon le roman de Shirley Jackson n’a pas connu que cette mauvaise adaptation. Il a aussi engendré l’un des classiques du genre, La maison du diable (1963) de Robert Wise. Attendons donc de voir si cette nouvelle version vaut le coup d’œil.

Première diffusion : 12 Octobre 2018
Avec : Carla Gugino, Lulu Wilson,  Timothy Hutton,…
Nationalité USA
Genre : Epouvante - Horreur
Année de production : 2018

Titre original :  The Haunting of Hill House

L’horreur en séries

Qu’on se le dise, le thème de la maison hantée n’est pas quelque chose de nouveau dans le genre de l’horreur. Que ce soit dans les sagas avec House, Conjuring, Amityville ou encore dans les séries avec American Horror Story : Murder house (saison 1) et Rose Red.

Bien avant The Haunting Of Hill House, American Horror Story faisait l’unanimité avec une saison aussi magnifique et qualitative qu’effrayante. Avec son succès, elle ouvrait la voie vers le renouveau de l’horreur dans l’univers des séries. Cependant, le genre de l’horreur et de l’anthologie dans les séries n’est pas non plus totalement nouveau. Hitckcock l'avait déjà introduit dans Alfred Hitchcock présente (1955). Et avec l’œuvre de Ryan Murphy, les productions s’enflamment et donnent lieu à des émules tels que : Room 104, Slasher ou encore Channel Zero. Le genre de l’horreur à le vent en poupe chez les séries et tout le monde veut sa part du gâteau.

Et si American Horror Story est l’un de mes plus gros coups de cœur dans le genre, The Haunting Of Hill House en fait dorénavant parti . Et voilà pourquoi : 

Une série qui dépoussière les maisons hantées.

The Haunting Of Hill House est donc une adaptation libre du livre de Shirley Jackson. L’histoire d’origine suivant les déboires du professeur Montaigne et de ses sujets en quête d’activités paranormales. Ici, la série traite d’une maison hantée, celle de Hill House. Mais bien heureusement, elle ne se résume pas seulement à ça. Elle suit la famille Crane à plusieurs époques de leur vie pour suivre le drame qui les a et les changera à jamais. C’est une série de fantômes qui illustre plusieurs thèmes : la famille, le deuil, le mal, les monstres qui nous rongent et nous suivent partout. Le réalisateur Mike Flanagan ne se contente pas de faire une série sur un thème commun contenant son lot de jumpscares en tout genre. Il prend un thème usé par les multiples œuvres cinématographiques existantes, l’épure des codifications habituelles pour nous faire revenir à une autre forme de peur, plus primaire. Aux oubliettes les fantômes qui apparaissent lorsque l’on ferme une porte à pharmacie et les chaises qui volent en l’air. Et pourtant, Mike Flanagan n’est pas un débutant dans le genre, il a par ailleurs réalisé Ouija : Les origines, Oculus ou encore Jessie (une adaptation d’un livre de Stephen King). Mais il fait le choix de ne pas tomber dans la facilité et de nous emmener vers des sensations qui nous glacent le sang. Vers des fantômes cachés dans les ténèbres, dans les arrières plans, comme s’ils étaient là à l’insu des acteurs.

De la beauté dans l’horreur

Hill House nous transporte vers une épouvante gothique digne des meilleurs classiques. Et outre cet univers et ces nouveautés, la série de Mike Flanagan est aussi une œuvre magnifique à l’esthétique léchée. Le générique lui aussi est léché et fait écho à celui de Westworld, qui possède l’un des plus beaux génériques de série. Mais pas seulement, le cadrage et les plans sont beaux eux aussi. Et ici, deux univers se côtoient : le présent et le passé. Mettant par la même occasion en place une timeline qui se chevauche et maintient le spectateur en haleine. Le gothique et le contemporain se côtoie ainsi que les fantômes passés et présents.

Un univers qui vous glacera le sang

Dès les premiers instants de la série, j’ai la sensation d’être plongée dans un roman de Stephen King, tant l’univers m’y fait penser par ses personnages, ses décors et l'histoire elle-même. D’ailleurs, l’histoire et la maison me rappelle étrangement la mini-série Rose Red (2002), scénarisée par Stephen King himself. Bon rien de surprenant, Stephen King est un grand fan de l’histoire originale qu’il considère comme le meilleur roman d’horreur. Et il s’appuie sur le roman de Shirley Jackson pour le scénario de base de Rose Red, donc tout s’explique. Au passage, pour la petite anecdote, Carla Gugino (Olivia) et Timothy Hutton (Hugh) ont respectivement joué dans des adaptations de Stephen King, Jessie (2017, réalisé par Mike Flanagan) et La part des ténèbres (1993). Et niveau casting, The Haunting Of Hill House a du beau monde et un casting très convaincant. Les versions enfants et adultes des personnages se côtoient dans des timelines différentes et ça match vraiment bien.

Bon et concernant les frissons, ou en est le trouillomètre ?

Il est à son apogée ! Une bonne nuit blanche et quelques cauchemars sont prévus au programme. La série n’est pas tape à l’œil et ça fait du bien. L’épouvante fonctionne, enfin pour moi. Et pourtant, je ne suis pas une petite nature. Je ne me souviens même pas de ma dernière frayeur à cause d’un film ou une série d’horreur.

Et ça fait du bien d’avoir peur, oui enfin !

Ce qui fait la force de The Haunting Of Hill House, c’est que l’horreur est au rendez-vous mais elle n’est pas là où on l’attend. Cette série jouera avec vos nerfs pour votre plus grand plaisir.

Bien plus qu’une série qui fait « PEUR » !

Oui, la série en effrayera plus d’un, moi la première. Mais ce n’est pas qu’une série d’horreur, c’est une série intelligente qui se sert de la timeline pour surprendre son spectateur. Mais aussi pour renforcer le sentiment de malaise qu’il ressent et la fatalité qui tourne autour de Hill house. La série nous crispe de peur, elle se pare de mystère et on ne peut s’empêcher d’enchaîner les épisodes. Car si au commencement les différentes routes ne semblent mener nulle part Hill house a un chemin bien tracé.

The Haunting Of Hill House, c ’est donc une série qui est tantôt effrayante, émouvante, déchirante, déroutante, magnifique, bref, elle vaut le détour. Elle traumatise par ses fantômes qui prennent vie à travers le destin des Crane. Chaque personnage ayant vécu et survécu au drame de Hill house à sa manière, passant soit par l’acceptation, le deuil, la peur ou bien l’ignorance.

Enfin, laissez-vous prendre par The Haunting Of Hill House et vous ne serez pas déçu. Cette série est le crossover parfait entre This is us et un roman de Stephen King. C’est beau, ça fait peur et c’est envoûtant. Si vous avez un doute, l’épisode 6 réalisé intégralement en plans séquences saura mettre tous le mondes d’accord.  Oubliez les jumpscares inutiles, Hill House vous prend aux tripes et viendra hanter vos nuits mais aussi vos jours…. Comme l’évoque le roman des Lutz sur leur vie à Amytiville, le mal n’est pas seulement dans cette maison. Mais il planera toujours au-dessus d’eux, ils les poursuivront à jamais.

Et quand à l’avenir de la série, le réalisateur Mike Flanagan dit ne pas savoir si la série aura une saison 2. Il a cependant mis un point d’honneur à apporter une fin satisfaisant à la série. Et comme il l’évoque, il y a tout pleins d’histoires de fantômes à conter. Espérons donc que Mike Flanagan n’arrête pas de nous faire peur, peut-être pour revenir sous un format d’anthologies.

Disponible sur Netflix depuis le 12 octobre 2018

 

 

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