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Série TV - Black Mirror Bandersnatch

Série TV - Black Mirror Bandersnatch

Black Mirror – Bandersnatch, Netflix is watching you !

Merry Christmas and Happy New Year au passage.

Parce qu’il faut bien faire une exception pour commencer 2019, cet article ne traitera pas d’un film ou d’une série d’horreur mais de Black Mirror, une série de science-fiction et d’anticipation. Elle traite des dangers de la technologie sur la société et sur l’individu lui-même allant jusqu’à questionner la nature humaine face à l’omniprésence des écrans et de la technologie. Si la série est indéniablement du domaine de la science-fiction, elle s’apparente aussi à l’horreur par les scénarios qu’elle met en œuvre. Et les épisodes, bien que s’articulant en une anthologie ont tous un thème commun, la technologie dystopique, le « black mirror ». Le tout illustré par un ton satirique et noir traité tour à tour dans un futur proche ou bien immédiat. 

Black Mirror est l’une de mes séries favorites, tous genre confondus. Cette anthologie britannique est l’une des créations les plus originales et innovante du XXI ème siècle. Et si elle évolue dans la science-fiction et l’anticipation, elle est pourtant criante de vérité. Il s’agit là de fables futuristes visant à mettre le spectateur face à sa propre condition dans un monde où la technologie est omniprésente. Certains passages laisseront une marque indélébile chez le spectateur en le forçant à questionner sa réalité et les limites de la technologie.

Black Mirror - Saison 1 Episode 2 (l'un de mes favori)

J’ai découvert Black Mirror quelques temps après sa sortie en 2011. La série était à l’époque diffusée sur Channel 4 et il a fallu attendre pas moins de 2 ans avant de pouvoir visionner la saison 2. Une attente qui à l’époque m’a parue insoutenable. En 2016, la série connait enfin le succès international qu’elle mérite avec sa troisième saison produite par Netflix.

Lorsque Black Mirror est apparue dans le catalogue Netflix, j’avoue avoir eu un ressenti mitigé : J’étais à la fois heureuse de voir l’une de mes séries favorites faire son apparition sur la plateforme et j’espérais que les sorties des saisons seraient alors plus régulières. Mais j’avais aussi très peur que Black Mirror perde un peu de son âme et de ce qui fait d’elle une série hors norme.

Bien heureusement, la série n’a pas du tout perdu en qualité mais a gagné en moyens afin de mettre en œuvre les idées tordues de Charlie Brooker. Car derrière le succès de la série, se cache Charlie Brooker ( son créateur ) un journaliste Britannique . Avec Black Mirror, il n’en est pas à son premier essai dans les séries télévisées. En 2008, il participait à la création de Dead Set. Une mini-série d’horreur mettant en scène une apocalypse zombie et son impact sur les participants d’une télé-réalité à la Secret Story.

BLACK MIRROR - BANDERSNATCH

Sortie le 28 Décembre sur Netflix 

Avec : Will Poulter, Fionn Whitehead, Alice Lowe,…
Nationalité : USA / Royaume-Uni
Genre : Sci-fi
Année de production : 2018

 

Netflix, Netflix, Netflix !

Depuis son apparition dans le catalogue de la plateforme VOD, Black Mirror le nouveau poulain de Netflix voyait son public grandissant. Et le moins que l’on puisse dire c’est que Netflix ne lésinait pas sur la promotion autour de sa série d’anthologie futuriste. Le dernier événement en date, la sortie du fameux épisode de noël. Depuis le mois de novembre, des informations fuitaient sans trop de validations sur un épisodes spécial Noël de Black Mirror. L’idéal pour patienter avant la sortie dans la 5ème saison. J’attendais donc cet épisode avec impatience sans trop savoir si la rumeur était fondée. Car oui, pour une fois Netflix à joué non pas sur la pub autour de son épisode mais sur le mystère autour de celui-ci. C’est courant décembre, quelques jours avant la sortie du fameux épisode que l’on apprenait qu’il ne s’agissait pas d’un épisode mais d’un film qui allait sortir quelques jours après Noël, soit le 28 Décembre.

Alors déjà, MERCI NETFLIX et Charlie Brooker pour ce chouette cadeau de Noël, c’est bien plus cool que la boite de chocolat de mamie. Mais aussi et surtout, merci pour la surprise qui allait suivre, celle-là je ne m’y attendais pas. Parce Netflix et Black Mirror vont toujours plus loin, toujours plus haut. Le film de Noël sera INTERACTIF ! Et avec cette annonce, le film Black Mirror Bandersnatch crée l’événement et il y a de quoi. Cependant, ce n’est pas la première fois que Netflix s’essaye à un épisode interactif, il avait déjà tenté de proposer ce format avec le Chat potté. Mais avec Black Mirror l’interactivité risque de prendre une tout autre ampleur.

Si Black Mirror allait déjà loin dans son propos, illustrant un monde ou une application permettait de noter les individus à la manière d’un chauffeur Uber ou encore des lentilles afin de voir à travers les yeux de vos enfants pour les surveiller. Cette fois-ci, l’immersion va bien plus loin. La dystopie crève l’écran et impacte directement le spectateur. Il n’est d’ailleurs plus vraiment un spectateur mais il devient « maître » de son visionnage. Ainsi, Netflix lui donnera le pouvoir (quelque peu limité) de choisir le destin des protagonistes qui vivent sous ses yeux. Car avec Bandersnatch tout est une question de choix et de chemins que prennent les personnages. Les fins alternatives ne sont alors que des passages différents, des choix différents. Les choix iront de la plus insignifiante des décisions comme de la marque des céréales, jusqu’aux plus décisives comme se tuer ou laisser quelqu’un d’autre mourir.

Mais alors Black Mirror Bandersnatch ça parle de quoi ?

Le pitch est le suivant : En 1984, un jeune programmeur remet en question la notion de réalité en adaptant un roman fantastique en jeu vidéo.

Innovation/Arnaque, que vaut Bandersnatch?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce nouveau concept à totalement piqué ma curiosité. Etant une fervente binge watcheuse de la série mais aussi parce qu’appliquer l’interactif à Black Mirror promettait tellement de choses. J’avais envie de voir jusqu’où je pouvais pousser l’interactivité, comme pour un jeu vidéo dont je testerai les limites.

Avec l’interactivité, le visionnage prend une autre dimension. Le spectateur n’est plus un personnage passif face à l’œuvre mais il devient acteur de l’histoire. De même que la distance prise entre la fiction et la réalité s’amenuise au fur et à mesure du visionnage. Bandersnatch s’articule à la manière d’un jeu à scénario multiple comme Beyond to soul pour les jeux vidéo ou Time S.T.O.R.I.E.S pour les jeux de société. Chaque choix, chemin devient décisif et il n’est pas garanti que vous réussissiez l’aventure du permet coup. Pour Beyond to soul chaque nouveau cycle se conclu par la mort, pour Time S.T.O.R.I.E.S c'est par l'épuisement des unités de temps et Bandersnatch un réveil le 9 Juillet 1984 au son de Frankies goes to hollywood avec Relax. J’ai ainsi pris l’épisode comme un jeu en m’amusant à noter tous les chemins possibles pour ne pas en louper un seul. Au final, j’ai passé plus de 5 heures à repousser les limites de Bandersnatch et soyons francs surtout celles de mes neurones . Dès le départ, j’avais opté pour une forme d’anti-jeu en choisissant les chemins qui englueraient quelque peu l’intrigue.

ATTENTION SPOILER !

J’essayais de ne pas finir trop vite mon histoire en ne cherchant que les chemins qui ferait traîner l'intrigue. Quand on proposait à Stefan d’en dire plus sur sa mère en psychanalyse j’évitais le sujet en bloc (bien sûr, dans l’une des nombreuses réalités alternatives, j’ai finis par choisir cette voie). De même que lorsqu’on proposait à Stefan de travailler en équipe afin de finir plus vite le jeu, je refusais. Je le laissais se terrer chez lui afin de finir Bandersnatch. C’est avec cette stratégie que j’ai finalement abouti à mon chemin alternatif favori dès le premier RUN (désolé déformation de Time S.T.O.R.I.E.S).

Un internaute a d’ailleurs listé toutes les possibilités scénaristiques de Bandersnatch. 

Au-delà de l’immersion totale et du complexe de Dieu qui découle de Bandersnatch. L’expérience nous questionne sur notre morale, nos choix, nos décisions. Netflix « Big brother » nous regarde et nous connait, il perçoit nos choix. Cependant, si Bandersnatch s’annonce comme un monde aux choix sans borne, l’expérience comme tout jeu vidéo à ses limites. Car si nous avons la « fausse » sensation de gérer Bandersnatch et son monde, c’est Netflix qui décide en quelque sorte de vous mettre sur tel ou tel chemin. Le libre arbitre est moindre au final. De sorte que suivant vos précédents choix, vous n’ayez pas d’autre option que de tuer le père de Stefan. Tout comme les autres épisodes de Black Mirror, le happy ending n’est pas de mise. Peut-importe les changements que vous pourrez apporter, le happy ending n’existe pas chez Bandersnatch, la mort, le meurtre, la folie (par Netflix, par P.A.C.S ou encore PAX) ou bien encore tant d’autres chemins qui ne sont pas vraiment réjouissant. Mais est-ce que Bandersnatch a vraiment besoin d’un happy ending pour être bon, je ne pense pas au contraire. Et comme le dit si bien Colin dans le long métrage : "Ce n’est pas la fin, prenez ça comme un chemin alternatif"

Enfin, si Bandersnatch possède bien des limites à l’interactivité, c’est une réussite. Comme dans le jeu que conçoit Stefan, certains passages vous mèneront aux frontières de l’histoire elle-même. Et après avoir poussé les scénarios à leurs paroxysmes, je ne suis toujours pas sûre de tous les avoir fait. Il y a cependant une fin qui ne serait pas visible par les spectateurs, cette possibilité me hante encore. Les créateurs de Bandersnatch n’arrivent pas à se mettre d’accord entre eux sur le nombre de fins alternatives, ...Bandersnatch n’a pas dit son dernier mot! 

Black Mirror : Bandersnatch est disponible sur Netflix. La saison 5 de Black Mirror est annoncée pour 2019 sur la plateforme.

 

Ma note : 

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