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Sagas D'horreur - Candyman 1

Sagas D'horreur - Candyman 1

N’invoquez pas son nom en vain, le Candyman pourrait vous répondre…

Candyman, Candyman, Candyman, …

A l’occasion de la sortie du Médiabook de Candyman le 19 février 2019 par ESC Distribution, je décide de redécouvrir cette pépite des années 90. Une œuvre qui a aujourd’hui, comme moi, 27 ans et toutes ses dents.

Candyman, le long métrage de Bernard Rose est sorti sur les écrans en 1992. Dans une époque de creux artistique pour le cinéma de genre et surtout juste avant l’essor de la nouvelle vague du slasher.

Comme toujours, c’est un plaisir de consulter les Médiabook de chez ESC. De même que pour Wishmaster, Street trash, Inferno ou encore dans un autre registre, Dirty Dancing. ESC prouve qu’il n’a pas dit son dernier mot et qu’il nous prévoit encore bon nombre de sorties, toutes plus alléchantes les unes des autres. Cette réédition offre un master audio 5.1 pour l’anglais et 2.0 pour le français. Concernant le Médiabook en lui-même il contient un DVD, un Blu Ray et un livre de 24 pages ainsi que de nombreux bonus. De quoi vous occuper durant  quelques heures. L'image du Blu Ray est plus que satisfaisante et le petits livret s'accompagne de quelques anecdotes sympathiques. 

Voici une liste exhaustive des nombreux bonus présents dans cette édition :

  • Commentaires audio avec le réalisateur, Bernard Rose.
  • Entretien croisé avec les journalistes et critiques Alexandre Poncet et Laurent Duroche.
  • Entretien avec Oliver Desbrosses, rédacteur en chef d’Underscire, à propos de Philippe Glass.
  • 3 courts métrages du réalisateur Bernard Rose : A bom with no name on it, The wreckers, Looking at Alice
  • Storyboard : Split- screen du film et des dessins de Bernard Rose.
  • Be my victim : Entretien avec l’acteur Tony Todd.
  • It was always you : Entretien avec l’actrice Virginia Madsen.
  • Forbidden flesh : Effets spéciaux maquillage de Candyman, entretiens avec Bob Keen, Gary J. Tunnicliffe et Mark Coulier.
  • Le mythe de Candyman 
  • Trailer original
  • Clive Barker : Un créateur d’enfer.

Réalisation : Bernard Rose

Avec : Tony Todd, Virginia Madsen, Bernard Rose, ...

Nationalité : U.S.A

Genre : Horreur, Fantastique

Année de production : 1992

Titre original : Candyman

Le pitch: Helen Lyle, jeune étudiante, découvre la terrifiante histoire de Candyman : un effroyable tueur qui apparaît chaque fois que l'on prononce son nom cinq fois devant un miroir. Son enquête sur cette mystérieuse légende la mènera tout droit vers des fables hantées alors même qu'une série de meurtres atroces commence... La légende pourrait-elle devenir réalité ?

Et le film alors ?

Durant mon premier visionnage, j’avais énormément de mal à comprendre l’œuvre de Bernard Rose et le message qu’elle communiquait. Et ce, surement dû au fait que j’étais bien trop jeune pour appréhender la polyvalence de son film. Aujourd’hui, je perçois mieux la complexité du long métrage et de son tueur culte. Ce qui me séduit dans son œuvre à présent c’est probablement ce qui m’a rebutée durant mon premier visionnage. Car dès les premiers instants du long métrage, Bernard Rose installe sa création hors des schémas classiques. Outre l’univers de l’horreur, il est très clair que Candyman est une réalisation qui se veut sociale. Bernard Rose, choisit en effet d’imbriquer le genre de l’horreur avec un postulat sur le racisme et les inégalités sociales. Ainsi, durant la première demie heure, le film évolue dans un réalisme troublant, proche du documentaire. La légende de Candyman s’ouvre sur une scène digne d’un slasher ou d’une histoire contée au coin du feu et pourtant l’installation du récit est étrangement réaliste. Entre les immeubles délabrés et les gangs, le film évolue dans un genre froid et sans fard. C'est l'ensemble de ces éléments qui font de Candyman une œuvre sociale. Bien loin de l'univers fantasmagorique de son Paperhouse, Bernard Rose ancre son film dans une vérité froide. 

Quand soudain, le ton du long métrage change radicalement pour plonger dans le fantastique. Et c’est cette polyvalence des genres, entre slasher, fantastique et réalisme qui rend complexe le visionnage d’une telle œuvre. Candyman ne peut pas, ou difficilement être classée dans un genre unique. Bernard Rose créer l’effroi non pas en surchargeant l’image de sang et de jumpscare mais en ancrant la peur dans un réalisme cruel. Il illustre un croquemitaine victime de la ségrégation raciale, et ce sans prendre de pincettes. Cependant, l’horreur ne devient pas pour autant un prétexte pour son sujet central, les deux thèmes fusionnent en une symbiose mystique.

Un slasher oui mais bien plus que ça.  

Si Candyman regroupe bon nombre d’éléments phares du slasher : un croquemitaine qui tue à l’arme blanche, une série de meurtres et enfin une final girl. Il n’en est pas vraiment un. Il est pourtant considéré en tant que tel. Mais il s’agit plus d’un film dramatique qui tire sur un fantastique horrifique, et ce toujours sur un fond social. Au même titre que Mickael Myers, Freddy Krueger ou encore Jason Voorhees, Candyman mérite sa place au panthéon des plus grands croquemitaines.

De plus, il se rapproche énormément du personnage de Freddy Krueger sur trois points : tout d’abord son arme qui ne fait qu’un avec son corps (comme les griffes de Freddy), il agit dans le domaine de l’inconscient et ne semble pas vraiment présent dans le domaine du réel (Freddy tue ses victimes dans leurs rêves) et enfin et surtout, le Candyman naît d’une rumeur, d’une croyance. Le Candyman est une rumeur, une histoire qui se raconte en chuchotant, une rumeur qui veut continuer d’exister dans l’inconscient collectif. Comme Freddy, il a besoin de se répandre dans les esprits. Mais à la différence de Freddy qui ne peut plus agir sur ses victimes si l'on ne croit plus en lui. Candyman apparaît car on remet en question son existence, son pouvoir. Il s’éloigne du tueur d’Elm Street sur un autre point. Contrairement à lui, il n’est pas né mauvais. Son personnage est né d’une injustice qui la mené jusqu’à la mort. C’est cette facette de la personnalité du Candyman qui nous fait osciller entre frayeur et compassion. Ici, au-delà de l’image du croquemitaine, Bernard Rose dépeint un héro conscient de sa condition de monstre.

Le candyman, un tueur de légende

Le long métrage de Bernard Rose prend racine au cœur des légendes urbaines. Comme Urban Legend le fera après lui. Il intègre par la même occasion de véritables histoires de meurtres comme celle du tueur qui défonçait les armoires à pharmacie. Ici, il insère le Candyman dans une enquête menée par Helen et son amie. Et si Urban Legend utilisera plus la légende comme mise à mort. Candyman l’insère comme un moyen de maintenir en vie le Candyman et comme une croyance. Une légende que le personnage d’Helen tentera de discréditer. Et c’est cette profanation qui donnera vie au Candyman, pour qu’il clame son existence. Car si la première demie heure se veut froide et réaliste. Le long métrage opère un changement radical  L’ oscillement entre la réalité et le fantastique nous pousse à remettre en question ce qui prend vie sous nos yeux, et même à douter de la santé mentale de la final girl. Le spectateur parvient à se perdre entre univers fantastique et plongeons dans l’esprit d’une personne malade. Et c'est une volonté de la part du réalisateur qui contrairement au récit d'origine choisit de traité l'action d'un point de vue subjectif, celui de l’héroïne. 

Candyman, un boogeyman aux origines mystiques

Candyman est un monstre qui naît dans l’esprit de Clive Barker. Il est tiré d’une de ses nouvelles, The Forbidden. Le personnage du Candyman est lui-même inspiré d’une histoire qui effrayait Clive Barker lorsqu’il était enfant. Lorsque j’apprends que Bernard Rose ne voulait pas adapter cette nouvelle des "Livres de sang" mais plutôt une autre, je me dis qu’il a finalement bien fait. Et ce qui m’a totalement pris aux tripes lors de cette nouvelle découverte c’est la bande son. Je n’avais pourtant aucun souvenir d’une quelconque mélodie ou musique. Mais c’est pourtant bel et bien la B.O de Philip Glass et ses sons d’orgue qui résonnent dans ma tête à la fin du visionnage. C’est cette soundtrack à la limite de la musique religieuse qui impose la figure de Candyman et son mysticisme. Le tout dans une mélodie très douce loin des bandes sons habituelles des films d’épouvantes.

Tony Todd, une figure emblématique de la peur

Bien que Tony Todd n’est pas été le premier choix du réalisateur qui voulait plutôt opter pour Eddie Murphy. Il est difficile d’imaginer un autre pour incarner la violence et la présence de ce personnage, le Candyman. Avec le recul, je me dis que la présence d’Eddie Murphy aurait même non volontairement plongé le film dans une caricature de lui-même. Tony Todd parait taillé pour se rôle et nul autre que lui ne semble convenir pour donner vie au tueur maudit au crochet. Aujourd’hui, Tony Todd est un acteur classé au rang de la série B qui ne fait plus que des apparitions clin d’œil, rappelant son rôle de tueur légendaire. Tony Todd réussit à donner vie à un personnage mythique, un héro blessé. Un monstre qui comme le monstre de Frankenstein est conscient de sa condition. Mais aussi un monstre qui aspire à continuer d’exister et à aimer dans l’éternité. Un destin tragique loin des slashers sanglants que dépeint Bernard Rose dans son long métrage. 

La belle et l’abeille

Comme dans tout bon slasher, la relation entre le tueur et la final girl est au cœur de l’histoire. C’est cette relation qui donnera la dynamique du film. Comme pour Freddy et Nancy, la relation entre Candyman et Helen est à la limite de l'érotisme. Cette femme qui a osé remettre en cause l’existence même du croquemitaine se retrouve dans une relation ambiguë avec ce monstre tiré des rumeurs. Helen en qualité de final girl est intrinsèquement liée avec le personnage de Tony Todd. Cependant, dans Candyman la relation Final girl/tueur est presque romantique. Et malgré l'horreur qu'il représente, il ne semble pas être une véritable menace pour elle. Helen et le Candyman opèrent une danse macabre juste sous nos yeux. Ainsi le Candyman veut séduire Helen et l’en mener avec lui dans l'éternité.  

Enfin Candyman est un oeuvre singulière qui a marqué et marquera les esprits. De même que sa soundtrack douce amer restera dans ma mémoire. Le Candyman est de ces légendes qui glace le sang. De ce fait, le long métrage de Bernard Rose gagne sa place au sein des classiques de l'horreur. C'est d'autant plus regrettable que les deux opus suivants n'aient pas su optimiser le personnage de Tony Todd mais en faire une caricature de lui même. C'est dommageable car au commencement, Candyman est plus de l'ordre d'un héros martyre devenu un monstre légendaire tapi dans l'ombre. En somme, Candyman est bien loin de l'oeuvre médiocre et incompréhensible dont j'avais le souvenir mais un long métrage horrifique bourré de qualités. 

Vu en VOSTFR - Blu Ray 

Le film est disponible en Blu Ray chez ESC. 

J'en profite aussi pour vous mettre le lien de la magnifique B.O signée Philip Glass éditée en vinyle par OWS. Juste ici. 

Ma note : 

 

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